Ebola en RDC: L'alerte rouge maintenue

De Genève, le comité d'urgence de l'OMS maintient l'alerte sanitaire de portée mondiale en RDC, et considère qu’il est trop tôt pour baisser la garde face à Ebola. Pas suffisant, cependant pour lever l'alerte rouge estime l'OMS. Même si le nombre de nouveaux cas a fortement baissé. Le risque également.
 
Feu rouge, avec peu d’espoir.
Les feux ne sont pas tous au vert. Mais la situation n'a rien à voir avec les pires moments de l'épidémie, quand on comptabilisait près de 130 nouveaux cas par semaine. La semaine dernière, c'était seulement trois. Un signe extrêmement positif selon le patron de l'OMS. Mais une rechute est toujours possible.
Et lever l'urgence sanitaire mondiale voudrait dire que la partie est gagnée. Elle ne l'est pas, rappelle le président du comité d'urgence Robert Steffen. « Je vois deux nuages noirs à l'horizon. Le premier, ce sont les attaques qui continuent contre le personnel de santé et qui menacent les actions de la riposte. Le deuxième problème, c'est le manque criant de solidarité de la communauté internationale. C'est essentiel que [la RDC] obtienne plus de soutien [dans la lutte contre Ebola] ».
Si la tendance reste la même, l'urgence sanitaire pourrait être levée avant trois mois. Mais la RDC n'est pas tirée d'affaire. D'autant plus, souligne l'OMS, que son système de santé reste à consolider. Si Ebola a fait près de 2 250 morts, la rougeole en a fait plus de 6 300 en bien moins de temps.
 
Revivre l’histoire ?
Dans le passé, le virus Ebola a refait surface, dans plusieurs régions reculées, de la République démocratique du Congo, 
Dans le sillage de l'épidémie d'Ebola de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest, dans laquelle presque toutes les réponses de la communauté internationale ont été défaillantes, beaucoup de choses ont changé. Il y a désormais des stocks de vaccins expérimentaux contre le virus Ebola, dont l'efficacité a été prouvée à 100% lors de tests menés en Guinée, au Liberia et au Sierra Leone.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a concentré un déluge de critiques pour la lenteur de sa réponse lors de l'émergence du virus en Guinée en 2014, a créé de nouveaux départements, de nouvelles règles et a engagé des réformes qui visent à améliorer ses capacités de réponse à une urgence sanitaire. Et de nombreuses autres organisations, de l'Agence américaine pour le développement international à l'ONG Médecin sans frontières, ont mis en place de nouveaux systèmes de surveillance, réaménagé leurs politiques de crise et ont formulé le vœu de «faire mieux» la prochaine fois. Une organisation humanitaire sénégalaise, Alima, a déjà des enquêteurs volontaires médicaux en route pour le village reculé du Congo où est réapparu le virus.
 
De la jungle au siège de l'OMS.
Pour l'instant, les choses semblent connaitre une amélioration nuancée. L’OMS a envoyé des messages d'urgence par téléphone portable partout à travers le monde, en français, pour dire que le ministère de la Santé de République démocratique du Congo avait, «notifié à l'OMS et à ses partenaires qu'un cas d'Ebola avait été confirmé». Dans les minutes suivantes, l'OMS commençait à publier une série de tweets sur les détails de ce cas positif, et le directeur du département africain de l'organisation onusienne, Matshidiso Moeti, était envoyé dans la capitale congolaise, Kinshasa, avec une équipe d'experts de l'OMS.