Le Chef du gouvernement tunisien désigné, annonce la composition de son cabinet

En attendant le vote de confiance du Parlement
* Elyes Fakhfakh devrait succéder à Youssef Chahed, désigné en août 2016, après le vote de confiance.
* Il laisse ainsi sur le banc de l’opposition le parti Qalb Tounes (38 députés).après l’avoir sciemment « éliminé » de sa formation gouvernementale et « Al Doustouri Al Horr » d’Abir Moussi.
*Il est à noter qu’une plénière consacrée au vote de confiance au gouvernement se présente est prévue mercredi 26 février 2020 au Parlement. Le gouvernement Fakhfakh devrait s’assurer le vote de la majorité absolue en sa faveur (c'est-à-dire 109 voix) pour obtenir la confiance de l’Assemblée des Représentants du Peuple.

Tunis : Est-ce le dénouement de la crise du gouvernement tunisien ? En apparence oui. Mais en vérité la naissance dans la douleur de ce gouvernement in extrémis, fait miroiter l’ombre d’une nouvelle crise qui sera dévoilée lors des prochains jours, à commencer par la vote de confiance qu’elle devra arracher à l’hémicycle du Bardo.
Il est à rappeler que le président tunisien Kais Saied avait chargé, le 20 janvier dernier, Elyes Fakhfakh de former le gouvernement. Cette désignation était intervenue après le rejet, le 10 janvier 2020, par le parlement, du gouvernement Habib Jemli, la personnalité choisie par le parti Ennahdha vainqueur aux législatives avec 54 sièges.
Elyes Fakhfakh devrait succéder à Youssef Chahed, désigné en août 2016.
Après une première formation annoncée le samedi 15 février dernier et qui n’a pas obtenue une majorité parlementaire bien avant sa présentation au Parlement, suite à la déclaration du parti Ennahdha son intention de ne pas voter pour ce gouvernement, le président Kaîes Saïed avait invité les présidents des partis et les organisations nationales à œuvrer en concert pour une sortie de crise menaçant en cas d’échec de dissoudre le Parlement selon l’article 89 de la Constitution. Cependant, Fakhfakh avait déclaré avoir convenu avec le président de la République « de consacrer ce qui reste des délais constitutionnels pour décider de la voie à emprunter au service de l'intérêt supérieur du pays ».

Concertations
En effet, cette voie a consisté en une nouvelle série de concertations qui avait été engagée. Après moult tractations et négociations, Elyes Fakhfakh, est parvenu à peaufiner une nouvelle liste gouvernementale qui donne une place de choix au mouvement islamiste tunisien Ennahdha (5’4 députés), avec 9 ministres et deux Secrétaires d’Etat. Laissant ainsi sur le banc de l’opposition le parti Qalb Tounes (38 députés).après l’avoir sciemment « éliminé » de sa formation gouvernementale. Mais en même temps il s’est assuré l’appui de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) et l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (UTICA), qui ont joué un rôle important dans le rapprochement des points de vue des parties concernées afin de parvenir à une issue à cette crise politique.
De ce fait, à l’expiration du délai constitutionnel des 30 jours, comme le stipule la Constitution, le chef du gouvernement désigné, Elyes Fakhfakh, a annoncé un nouveau cabinet ministériel fait l'objet d'un consensus entre les partis et blocs parlementaires associés aux concertations.
Selon Fakhfakh, 
selon une source proche du nouveau chef du gouvernement désigné a révélé à Majalla que ce gouvernement composé de 30 ministres et 2 Secrétaires d’Etat,  « a été choisi selon les critères de compétence, d’intégrité et de crédibilité ». 
Et d’ajouter que « la nouvelle formation représente un large spectre politique et se base sur le document contractuel qui a pour objectif de garantir la stabilité du pays et le rétablissement de la confiance et de l'espoir des citoyens ».

Qalb Tounes, exclu
Malgré l’insistance du mouvement Ennahdha en vue d’associer le parti Qalb Tounes à la formation gouvernementale, le chef du gouvernement désigné, Elyes Fakhfakh, a campé sur sa position de ne pas l’inclure.  Le mouvement Ennahdha, qui semble se rétracter après avoir tenu à cor et à cri en faveur de sa participation, a déclaré que « la participation du parti Qalb Tounes  n'est pas une condition pour la participation du mouvement Ennahdha dans ce gouvernement », a indiqué, Abdelkrim Harouni, président du Conseil de la Choura d'Ennahdha. à Maajlla.
Ce revirement intervient à la suite de la réunion du Conseil de la Choura, qui a mandaté le bureau exécutif du mouvement et son président de poursuivre les négociations avec Fakhfakh pour former le nouveau gouvernement et prendre la décision finale concernant la participation ou non dans le gouvernement.

Lequel Conseil a décidé de poursuivre les négociations avec Elyes Fakhfakh jusqu'à la dernière minute avant de présenter la formation définitive à la présidence de la République.
M.Abdelkrim Harouni a réaffirmé à cette occasion la position d'Ennahdha appelant à « la formation d'un gouvernement d'union nationale, estimant que les difficultés économiques et sociales du pays exigent une unité nationale à même de baliser le voie à une relance économique et à une amélioration des conditions sociales ».
Il n’empêche, « Ennahdha veut éviter l'organisation de nouvelles élections » a-t-il indiqué à Majalla, soulignant que le recours à des législatives anticipées est « une solution démocratique et constitutionnelle qui ne nous fait pas peur", faisant allusion aux propos du chef de l’Etat tunisien. Il a par ailleurs indiqué que son parti « respecte l’interprétation des dispositions de la Constitution par le président de la République, niant l'existence d'un différend entre l'institution de la présidence de la République et celle du parlement ».

 




Le Chef de l’Etat tunisien recevant le président du Parlement et le nouveau chef du gouvernement désigné pour rechercher une issue à la crise du gouvernement.


Pour un surcroit d’efficacité
Toutefois, après les modifications apportées à la composition du gouvernement proposé par Elyes Fakhfakh dans le sens d’un surcroit d’efficacité et d’équilibre, « le bureau exécutif du mouvement Ennahdha a décidé de prendre part au gouvernement Fakhfakh et de lui accorder la confiance », lit-on dans un communiqué dont Majalla en a reçu une copie.
Ennahdha qui a dit regretter le non aboutissement des concertations avec Elyes Fakhfakh à la formation d’un gouvernement d’unité nationale garantissant une large participation, a fait état, toutefois d’une évolution « positive »  dans le processus des concertations, a dit regretter le non aboutissement des concertations avec Elyes Fakhfakh à la formation d’un gouvernement d’unité nationale garantissant une large participation, faisant état, toutefois d’une évolution " positive " dans le processus des concertations et ce, en dépit de ses réserves sur la composition du gouvernement qui justifie sa décision par « la conjoncture régionale complexe et dangereuse  découlant en particulier des menaces de la guerre en Libye et de la situation économique et sociale à l’intérieur du pays », explique que cette situation « exige de confier, dans les plus brefs délais les commandes à un nouveau gouvernement capable de mettre en œuvre les réformes urgentes, d’améliorer les conditions de vie des citoyens et de répondre à leurs aspirations ».

De l’autre part, le parti Qalb Tounes, a déploré le fait qu’il ne soit  pas représenté de quelque façon que ce soit au sein du gouvernement proposé par Elyes Fakhfakh », a fait savoir Sadok Jabnoun, porte-parole du parti "Qalb Tounes". « Il n’existe aucune décision finale vis-à-vis du gouvernement Fakhfakh. La position du parti sera déterminée par ses structures, juste après l’annonce officielle de la composition définitive du gouvernement Fakhfakh", a-t-il ajouté. Mais après l’annonce de la formation gouvernementale où le parti n’a eu aucun portefeuille ministériel,le parti s’esr déclaré dans l’opposition rejoignant ainsi le parti « Al Doustouri Al Hor » de Abir Moussi.
Dans le même sillage, le parti Al-Joumhouri qui a dénoncé le fait que les négociations sur les portefeuilles ministériels ont passé avant les réformes et les orientations gouvernement, a appelé Elyes Fakhfakh, à surmonter les difficultés rencontrées lors du processus des concertations relatives à la formation du gouvernement et à s'employer à améliorer les conditions de vie des citoyens afin de regagner leur confiance.
"Le consensus entre les partis politiques formant la coalition gouvernementale ne doit pas être établi aux dépens des priorités du pays et des citoyens", a souligné, jeudi, le parti dans un communiqué publié dont Majlla en a reçu une copie.
, a estimé Mustapha Ben Ahmed, dirigeant 
Pour sa part, Ben Ahmed, dirigeant au sein du parti Tahya Tounes, a souligné à Majalla que « le gouvernement proposé s'accorde sur les personnes et non sur les plans d'action et les programmes ». Il a dit espérer que ce gouvernement se met d'accord, après son approbation au parlement, sur un plan d'action clair, affirmant que son parti votera la confiance au gouvernement, étant donné qu'il y participe., démarrera par la présentation du programme de l’action gouvernementale. La parole sera donnée ensuite à chaque élu pendant trois minute pour débattre dudit programme.
Il est à noter qu’une plénière consacrée au vote de confiance au gouvernement se présente est prévue mercredi 26 février 2020 au Parlement. Le gouvernement Fakhfakh devrait s’assurer le vote de la majorité absolue en sa faveur (c'est-à-dire 109 voix) pour obtenir la confiance de l’Assemblée des Représentants du Peuple. Le vote de confiance se fera par un seul vote sur tous les membres du gouvernement ainsi que sur la responsabilité ministérielle accordée à chaque membre.
 




Le vote de confiance aura lieu le mercredi 26 février 2020 au Parlement.

La composition du gouvernement en chiffres
Nombre de ministres : 30
Nombre de Secrétaires d’Etat : 02
Nombre  de partis faisant partie du gouvernement : 15 partis (6 ministres d'Ennahdha, 3 du Courant démocratique, 2 du Mouvement populaire, 2 de Tahya Tounes, 2 de la Coalition nationale pour la réforme)
Nombre de ministres indépendants : 17
Taux de présence des femmes :   6 ministres, soit 38% des postes indépendants.
Taux de participation des partis au gouvernement : 21.8% pour Ennahdha, 13.5% pour le Courant démocratique,  6.25% pour le mouvement populaire, 6.25% pour Tahya Tounes  et 6.25 % pour la Coalition nationale pour la réforme
Age moyen des membres du gouvernement :  53 ans
 
 




Le Chef de l’Etat tunisien recevant le SG de l’UGTT et le président de l’UTICA.

Composition du nouveau gouvernement

Ministre de la Justice : Thouraya Jribi Khemiri
Ministre de l'Intérieur: Hichem Mechichi
Ministre de la Défensenationale: Imed Hazgui
Ministre des Affaires étrangères: Noureddine Erray
Ministre des Finances: Mohamed Nizar Yaîch
Ministre des Domaines de l'Etat et des affaires foncières:Ghazi Chaouachi
Ministre de l'Investissement et de la Coopération internationale: Mohamed Selim Azzabi
Ministre de l'Emploi et de la formation professionnelle: Fathi Belhaj
Ministre des Affaires sociales:Habib Kchaou
Ministre d’Etat chargé du Transport et des logistiques :Anouer Maarouf
Ministre des Affaires locales: Lotfi Zitoun
Ministre de l'agriculture, de la pêche et des ressources hydrauliques: Oussama Khriji
Ministre de l'Industrie :Salah Ben Youssef
Ministre de l'Energie, des mines et de la transition énergétique:Mongi Marzouk
Ministre du Tourisme et de l'artisanat: Mohamed Ali Toumi
Ministre de l'Environnement: Chokri Ben Hassen
Ministre du Commerce: Mohamed Mselini
Ministre des Technologies de la communication et de la transition numériqueMohamed Fadhel Kraiem
Ministre de l'Equipement, de l'Habitat et de l'aménagement du territoire:Moncef Sliti
Ministre des Affaires religieuses:Ahmed Adhoum
Ministre des Affaires de la femme, de l'enfance et des seniors :Asma Shiri
Ministre de la Santé: Abdellatif Mekki
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique: Slim Choura
Ministre de l'Education: Mohamed Hamdi
Ministre de la Jeunesse et des Sports: Ahmed Gaaloul
Ministre des Affaires culturelles: Chiraz Laatiri
Ministre d’Etat auprès du chef du gouvernement, chargé de la Fonction publique, de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption: Mohamed Abbou
Ministre auprès du chef du gouvernement, chargée des grands projets nationaux:Lobna Jeribi
Ministre auprès du chef du gouvernement, chargé des Droits de l'homme et de la relation avec les instances constitutionnelles et la société civile :Ayachi Hammami
Ministre auprès du chef du gouvernement chargé de la relation avec le Parlement :Ali Hafsi
Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères: Salma Ennaifer
Secrétaire d'Etat, chargée des ressources hydrauliques: Akissa Bahri.