Quand l’Afrique endure…

Trafic de faux médicaments :

La prolifération des faux médicaments en Afrique est une crise de santé publique qui ne peut plus être ignorée, selon une organisation caritative britannique. Une rencontre de sept pays africains, a lieu début du mois de janvier dernier, au Togo pour lutter contre ce problème.
Le Congo, le Niger, le Sénégal, le Togo, l'Ouganda, le Ghana et la Gambie discuteront des mesures à prendre pour lutter contre le trafic de faux médicaments, indique la Fondation de Brazzaville.
Mais quelle est l'ampleur du problème des médicaments contrefaits en Afrique, et quel est son impact ?
100 mille morts au moins.
Neuf personnes ont comparu devant un tribunal de Cotonou, dans le cadre d'une procédure judiciaire contre la vente de médicaments contrefaits.
C'est la première fois que des personnes sont jugées dans ce pays pour la vente de faux médicaments.
Parmi les prévenus figuraient des responsables des grandes sociétés pharmaceutiques du Bénin, de l'agence nationale chargée des approvisionnements en médicaments du pays et deux employés dont un député de l'opposition béninoise.
Le chef d'un service du ministère de la Santé est également poursuivi, en vertu des lois sur la protection des consommateurs.
Le gouvernement du Bénin a intensifié la lutte contre la contrefaçon au cours de l'année écoulée, en procédant à des dizaines d'arrestations et en saisissant une centaine de tonnes de faux médicaments.
Selon les estimations de l'OMS, plus de 100.000 personnes meurent chaque année en Afrique à cause de faux médicaments contre le paludisme.
 
Un combat inégal…
Au Sénégal, la Subdivision des douanes de Kaffrine (centre) a saisi en moins de deux semaines 2,6 tonnes de faux médicaments d’une valeur de 85 millions de francs CFA, a révélé hier, vendredi, son chef, le commandant Cheikh Ahmadou Bamba Sène. «En moins de deux semaines, nous avons fait deux saisies pour un poids total de 2,6 tonnes de faux médicaments pour une valeur de 85 millions de francs Cfa», a révélé le commandant Sène au terme de la reconstitution de la dernière saisie.
Cette saisie a été faite à Ndiaobambali, un village de la commune de Diamagadio, dans le département de Kaffrine. Elle a été menée de concert avec les agents de la Subdivision des douanes de Kaolack, a-t-il précisé. «Les faux médicaments constituent un réel problème de santé publique et causent des maladies telles que l’insuffisance rénale. Ils sont aussi néfastes par rapport à l’économie, parce que les gens qui les commercialisent font de la concurrence déloyale aux pharmacies qui sont régulièrement établies», a déploré le commandant Sène.
La première saisie de faux médicaments à Ndiaobambali a eu lieu le 18 février 2020 au cours d’une patrouille à bord d’une berline, a expliqué le lieutenant Abdou Aziz Ndiaye qui était à la tête de cette opération. Le véhicule transportait 1,2 tonne de médicaments contrefaits d’une valeur de 24 millions de francs CFA, a-t-il précisé.
Il a indiqué qu’une autre prise a été réalisée le premier mars 2020. Les douaniers ont ce jour-là mis la main sur deux véhicules qui «transportaient 1,4 tonne de médicaments d’une valeur de 61 millions sur le marché intérieur».
Le lieutenant Ndiaye a appelé les populations de la commune de Diamagadio à collaborer davantage avec les forces de défense et de sécurité afin de mettre fin à ce fléau qui, selon lui, «ne fait que nuire à la santé des populations, mais aussi à l’économie sénégalaise». Il a précisé que ces produits contrefaits viennent de la Gambie, un pays frontalier de la région.
Le médecin-chef de la région de Kaffrine, Dr Moustapha Diop, a remercié et félicité la Subdivision des douanes de Kaffrine pour «cette prouesse» qui a permis de saisir des faux médicaments d’une valeur de 85 millions de francs Cfa.