L’Algérie prépare la post-pandémie du Covid-19

Avec une dizaine de milliard de dollars de perte
1- Une vue d'un arrêt de bus vide après un couvre-feu dans le cadre des précautions contre les coronavirus (COVID-19) à Alger, Algérie le 4 avril 2020. (Getty)

  •  Il est primordial de libérer les investissements aux privés et commencer à produire pour booster l’économie algérienne et créer un tissu industriel plus dense afin de créer de la valeur ajoutée et des postes d’emplois
  •  Le gouvernement doit, dégager entre 5 à 10 milliards de dollars afin de générer le dynamisme escompté et faire sortir l’Algérie de cette morosité économique
  •  L’Algérie fortement connectée à l’économie mondiale à travers sa rente d’hydrocarbures qui lui procure directement et indirectement 98% de ses ressources en devises
  •  Aujourd’hui nous sommes appelés à moderniser notre agriculture et notre système de production agricole, car nous ne pouvons plus continuer à travailler avec le même modèle et avec les mêmes rendements

Algérie :L’épidémie du coronavirus est une tragédie qui porte à l’économie Algérienne, et au monde entier, un coup d’une gravité sans précédent avec des répercussions sociales, et économiques qui s’annoncent d’une ampleur inégalée.Dépendant essentiellement des hydrocarbures, l’Algérie fait face, aujourd’hui, à une chute astronomique des prix du baril et les répercussions sur l’économie nationale s’annoncent déjà désastreuses. Cette situation engendra, sans doute, une augmentation du taux d’inflation et du chômage, suite notamment, aux mesures du confinement instaurées par le gouvernement afin de contrer la propagation du coronavirus. Le gouvernement s’attèle actuellement avec les opérateurs économiques et les partenaires sociaux, à effectuer une évaluation générale sur l’impact de cette pandémie sur son économie, et tenter de sauver les entreprises et les emplois. Ainsi, il doit aujourd’hui se pencher sur l’après-Covid19.Autrement dit, l'Algérie qui est déjà tangible économiquement et politiquement, doit aujourd'hui prévoir la post-pandémie du COVID 19. Toutefois, pour relever ce défi quelle serra la meilleure politique de relance à adopter ? Pour avoir une réponse à cette question, «LaMajalla» pris attache avec le consultant international en investissement, en l’occurrence le Dr Mohamed Sayoud. Pour notre interlocuteur, il est plus que jamais urgent d’agir en créant une nouvelle dynamique dans les différents secteurs économiques. «Il est plus que temps d’agir en créant un dynamisme pour inciter, faciliter et encourager l’investissement industriel, agricole, agroalimentaire, TIC, énergie renouvelable et le tourisme pour diversifier et booster l’économie, et ne plus dépendre uniquement du secteur des hydrocarbures. On ne peut plus se reposer sur nos réserves acquises grâce à l’industrie pétrolière, car la crise actuelle a fait prendre conscience de la précarité de notre économie que nous n'avons pas su affranchir de la rente pétrolière. La crise actuelle a prouvé les limites et l’inefficacité de ce modèle économique basé sur les hydrocarbures » a-t-il souligné. Il est à noter que les restrictions imposées dans de nombreuses grandes économies du monde ont fait chuter le prix du baril américain à des niveaux négatifs.Notre expert a souligné également dans son analyse que le Covid-19 aura des effets néfastes sur l’économie mondiale en engendrant un crash boursier, récession mondiale et dévaluation du dollar. Et il faudra, ajoute-t-il, s’attendre à une chute des cours du cuivre, du plomb, du nickel, du soja, du mais, du colza, de l’huile de palme, du blé et du sucre. 

 

Un homme désinfecte une rue d'Alger, en Algérie, le 23 mars 2020. (Getty)


 
Booster l’économie algérienne
 
« La crise économique n’attendra pas, tous les voyants sont au rouge, on doit donc tirer la sonnette d’alarme. Il est primordial de libérer les investissements aux privés et commencer à produire pour booster l’économie algérienne et créer un tissu industriel plus dense afin de créer de la valeur ajoutée et des postes d’emplois », a préconisé M. Sayoud. Et d’ajouter : « Il est indispensable, également,  de créer des zones industrielles clés en main et viabilisées, on va assurer la diversification de l’économie nationale. Ces dernières seront dotées de hangars de production de différentes surfaces, et les louer à des prix attractifs pour les investisseurs nationaux ou étrangers, selon un cahier de charges bien défini. Cette solution permettra de réduire les délais, et économiser les coûts de réalisation pour les investisseurs qui sont prêts à produire et créer la richesse, et les emplois pour dynamiser la croissance économique, et pour ne plus dépendre des rentes des hydrocarbures » prône notre interlocuteur. Pour financer ce mégaprojet, le gouvernement doit, selon notre expert, dégager entre 5 à 10 milliards de dollars afin de générer le dynamisme escompté et faire sortir l’Algérie de cette morosité économique. « Promouvoir les zones industrielles clés en main, serait d’un grand apport au développement durable du pays. Les exemples de la Pologne, la Turquie, le Rwanda,  le Vietnam et l’Ethiopie sont édifiants. Ces pays, en optant pour cette solution, ont pu devenir en un laps de temps des pays exportateurs en engrangeant des centaines de milliards de dollars par an », a-t-il affirmé.Toutefois, pour démarrer une industrie et dynamiser l'économie nationale, il faut réunir plusieurs paramètres indispensables, tels que la révision du Système bancaire et les modes de paiements, les moyens de transport de marchandise et des personnes, et régler les problèmes  de bureaucratie dans nos administrations. «  La concrétisation de ces 5 ou 6 paramètres donneront naissance à d'autres conditions à réunir et de cette façon on avance. Un allègement fiscal pour les PME, qui boosteront les investissements, car la facilité et l’encouragement pour la création de  deux millions de PME/PMI, qui vont  générer et créer en retour des millions d’emplois, et des richesses considérables et pérennes, qui contribuera à la création de 03 à 05 millions de postes d’emplois » plaide notre interlocuteur. En outre, Mohamed Sayoud estime qu’il est nécessaire, de mettre en application, dans les plus brefs délais, la décision de la suppression de la règle 51/49 régissant les investissements étrangers. « Il y a beaucoup d’étrangers qui attendent déjà l’entrée en vigueur de la nouvelle loi pour la création de sociétés de production dans plusieurs domaines,et ne pas retarder la création de nouveaux emplois de richesse, et de plus value pour notre pays. Et ainsi, promouvoir et convaincre les sociétés étrangères à s’installer en Algérie, pour produire tout ce qui est polymères (PE, PP, PET, EPS, RESINE etc.) à très fortes valeurs ajoutées, pour substituer à l’importation de ces produits », appelle-t-il. L’autre paramètre important pour le décollage économique, le dernier point, qui est incontestablement le facteur le plus important, c’est la valorisation des compétences. « Il faut mettre le responsable qu'il faut à la place qu'il faut, à savoir privilégié le compétent qui donne l’importance au travail » insiste notre expert.

 

Une Algérienne portant un masque de protection au milieu de la pandémie de COVID-19 achète des légumes le deuxième jour du mois sacré musulman du Ramadan, dans un marché du district de Khraicia, à 20 km au sud de la capitale, le 25 avril 2020. (Getty)


 
Un manque à gagner de 4 milliards de dollars  pour 2020
 
 
Rappelons qu’après une année 2019 difficile, marquée par  un très fort ralentissement de l’activité économique, la crise sanitaire du coronavirus a eu des conséquences néfastes sur des pans entiers de l’économie algérienne. De nombreux secteurs sont d’ores et déjà en crise. Les entreprises, notamment les PME et leurs salariés y sont les plus touchés. Devant cette situation exceptionnelle, il est donc indispensable de prendre des mesures urgentes pour sauvegarder les emplois et assurer la pérennité de ces entreprises. Sachant que nous vivons une crise inédite où les politiques sociales, économiques et de santé sont liées. Interrogé par»LaMajalla«, le Professeur des universités, expert international, le Dr Abderrahmane Mebtoul, a indiqué que, pour l’Algérie fortement connectée à l’économie mondiale à travers sa rente d’hydrocarbures qui lui procure directement et indirectement 98% de ses ressources en devises, est fortement impactée par cette crise, devant éviter des discours contraires à la dure réalité qui provoquent une névrose collective au niveau de la population. « Les mesures autoritaires bureaucratiques produisent l’effet inverse. Et lorsqu’un gouvernement agit administrativement, et loin des mécanismes transparents et de la concertation sociale, la société enfante ses propres règles pour fonctionner. Des règles qui ont une valeur de droit, puisque reposant sur un contrat entre les citoyens, s’éloignant ainsi des règles que le pouvoir veut imposer. Par ailleurs, concernant les pertes qui seront engendrées par cette pandémie, sur le plan économique, certaines organisations patronales évoquent entre  1,5 /1,7 millions de pertes d’emplois dans la sphère réelle. Et sur environ 12,5 millions de la population active sur plus de 44 millions d’habitant  en mars 2020 environ 40/45% de la population active, environ  5/6 millions sont  sans protection sociale rendant difficile leurs prises en charge.Ils  sont  sans revenus pour bon nombre qui ont cessé leurs activités, sans   compter que bon nombres de  ménages vivent dans deux ou trois pièces plus de 5/8 personnes avec des impacts psychologiques avec le confinement. Et l’on devra prendre en compte, à l’avenir  la réforme du système des retraites qui sera le grand défi des années à venir » décortique notre expert. Par ailleurs, en plus de la baisse de son quota  entre 145.000 /240.000 barils jour avec un manque à gagner  en moyenne annuelle entre 3/ 4 milliards de dollars  pour 2020, dans ce cas  de récession économique,  les  prévisions de recettes de Sonatrach de  35 milliards de dollars  pour 2020 ainsi que d’un montant des réserves de change de 51,6 milliards de dollars fin 2020 seront difficiles à atteindre  avec la crise actuelle qui a vu le cours de pétrole et du gaz s’effondrer de plus de 50%.Car, comment avec une  entrée en devises de plus de  1000 milliards de dollars  ( sans compter les dépenses  en dinars) entre 2000/2019 dont pour Sonatrach avec ses dérivées 98%  et une sorties de devises concernant les biens et les services (entre 9/11 milliards de dollars/an entre 2010/2019), ayant dépassé 935 milliards de dollars n’ont permis qu’un taux de croissance, moyenne annuelle, entre 2,5 et 3% montrant un divorce entre la dépense et les impacts économiques et sociaux : mauvaise gestion ou corruption ou les deux à la fois. « La pression démographique souvent oublié est une véritable bombe à retardement, plus d’un  million de naissances chaque année entre 2015/2019 contre environ 600.000 vers les années 2000. Comment dèslors,  avec un taux  de croissance réel  inférieur au taux de croissance démographique  créer entre 350.000/400.000 empois par an entre 2020/2025, encore que le taux de chômage officiel  sous-estime la demande d’emplois féminins,  qui s’ajoutent au taux de chômage actuel nécessitant un taux de croissance de 8/9% par an  pour éviter de vives tensions sociales ? L’Algérie doit donc se préparer à de nombreux défis, avec les tensions internes inévitables sur les réserves de change (moins de 60 milliards de dollars fin mars 2020) et budgétaires entre 2020/2022 » met en garde le Dr Abderrahmane Mebtoul.

 

Torchères sur un complexe d'extraction de gaz naturel en mai 1990 à Hassi R'Mel, Algérie. (Getty)


 
Un plan du sauvetage de l’économie algérienne
Joint par nos soins sur le même sujet, l'expert en économie et consultant en business en développement, Abderrahmane Hadef, rappelle que l’économie algérienne est déjà très affectée, ces dernières années, par un dysfonctionnement structurel, ce qui a en causé beaucoup de dégâts à son appareil productif. « Nous constatons depuis trois ans, soit depuis la mise en place de la planche à billets, que notre économie est rentrée dans une phase assez délicate, et qui devait aboutir à ce que nous vivons aujourd’hui. Nous sommes d’ailleurs en train de payer et de constater les choix qui ont été faits, notamment en termes économique. Donc, dansce cas-là, la crise sanitaire, qui vient de frapper toute la planète, pas seulement l’Algérie, n’a fait qu’aggraver cette situation déjà aussi délicate. Cette situation peut durer sur le long terme, d’où la nécessité de mettre en place un plan du sauvetage que j’appelle ‘’ un plan du sauvetage de l’économie algérienne’’ qui s’étalera sur une année et demie, avant d’espérer est ce que les choses commencent à se rééquilibrer pour penser à se relancer sur le fameux plans du travail du gouvernement qui a été présenté au Parlement auparavant » plaide notre interlocuteur. Abondant dans le même ordre d’idée, notre expert, estime que  le modèle économique algérien, doit-être discuté de façon, ‘’responsable’’, et cela, en se concentrant sur trois axes, qui vont lui permettre de mettre les jalons d’un nouveau modèle économique assez ambitieux. « De prime abord, il y a le premier axe qui relève de notre sécurité alimentaire. Aujourd’hui nous sommes appelés à moderniser notre agriculture et notre système de production agricole, car nous ne pouvons plus continuer à travailler avec le même modèle et avec les mêmes rendements. Nous sommes appelés à les moderniser par l’introduction de nouvelles techniques, et de nouvelle technologie. A cet effet, nous sommes appelés aujourd’hui à développer nos centres de recherche. Deuxième axes sur lequel nous devons travailler aujourd’hui, c’est la transition énergétique. Aujourd’hui nous sommes en train de consommer pratiquement, la moitié de ce que nous sommes en train de produire sur les champs pétroliers en termes de ressources pétrolières et gazières. Nous sommes ainsi rappelés à accélérer notre transition énergétique par la généralisation de nouvelles ressources énergétiques et renouvelables. Troisième axe qui a trait au secteur de la transition numérique et digitale, qui va nous amener directement vers l'économie du savoir. Nous sommes appelés à aller rapidement vers une économie qui va valoriser nos compétences, et qui va donner plus de poids à toute notre jeunesse qui dispose d’une certaine qualification, notamment dans le domaine technologique. À ce titre, j’ai fait un double appel dans ce sens-là, pour la réhabilitation des pôles technologiques, et à revoir notre organisation, de ce domaine, pour créer une passerelle entre le monde universitaire, le monde de la recherche, et le monde économique. Aujourd’hui, nous devons passer à l’action, et nous devons agir rapidement. A cet effet, j’ai proposé est ce que les centres de recherche qui existent, doivent être mis à proximité de l’entreprise économique. Il faut aménager des espaces pour ces centres au niveau des parcs et zones et industrielles » prône Abderrahmane Hadef. De son côté, Abderrahmane Benkhalfa, expert financier et ancien ministre des Finances, plaide pour que le rythme de reprise économique soit accompagné d'une productivité deux fois plus grande, c'est ce qu'on appelle le rattrapage. « Il faut dans cette situation minimiser au maximum les congés annuels, car on ne peut se permettre cette disposition si le confinement se poursuit jusqu' au mois de mai, voire le moment de prendre 3 mois de vacances, ce qui pourrait ne mener vers une récession et un taux de croissance de l'ordre de 1% au mois de novembre. Cependant, il est important de maintenir la consommation, ceci étant, il faut dire que nos avons été contraints de réduire drastiquement nos importations, ce qui a provoqué un début d'étincelle en matière d'offre de production locale, qu'il faut absolument maintenir, comme si le coronavirus allait durer des années. Cet accommodement doit se poursuivre aussi bien au niveau des consommateurs, des entreprises que des autorités. Il ne faut pas que dès la fin du confinement, nous multiplions par deux nos importations » insiste notre expert.


 

Des étudiants algériens et d'autres manifestants participent à une manifestation anti-gouvernementale dans la capitale Alger, le 18 février 2020. (Getty)


Des réformes structurelles urgentes
En somme, l’économie nationale  nécessite des réformes  structurelles urgentes qui passent par un nécessaire apaisement politique pour garantir la cohésion sociale. Ainsi au-delà  des  comptages journaliers  de  cas de  contamination  et autres hypothèses de pics de pandémie, la crise sanitaire en présence est sans doute  bien  partie pour  durer. Avec  elle, les  effets  de récession, de tassement  de  l’activité mondiale,  d’aggravation  du chômage  et  de  la précarité risquent de perdurer encore davantage, tant la pandémie affecte, en premier lieu, les pays dont les économies sont les moteurs mêmes de la croissance dans le monde. L’Algérie dont l’économie était déjà structurellement en crise bien avant le Covid-19, fait face, elle, à une nouvelle urgence née de cette conjoncture sanitaire, à savoir celle de chercher à parer en toute diligence au risque d’un marasme économique total.  Un sombre scénario pouvant découler de la double mauvaise perspective d’un épuisement plus accéléré que prévu des réserves en devises et d’un maintien sur une période plus au moins longue des prix du pétrole à moins de 40 dollars. S’il est peu aisé, en l’état actuel des choses, de fixer les remèdes efficients à prescrire contre les maux économiques en présence, il  n’en demeure  pas moins impératif d’éviter de fatales  erreurs de diagnostic  face  aux risques majeurs  qui  pourraient compromettre  jusqu’aux  chances mêmes  de reconstruire ce que la crise en cours ne manquera sans doute pas de détruire.La première erreur à  éviter en ce sens est  de recommencer à croire que le salut de l’économie nationale  pourrait encore  venir de  la rente du pétrole. Aucun accord de réduction de production pétrolière, de quelque nature qu'il soit, ne pourra en effet assurer la survie financière du pays dont le train de vie en l’état actuel de ses structures économiques nécessite un prix d’équilibre budgétaire d’au moins 100 dollars le baril.Une possible amélioration des cours du brut qui résulterait du récent retour à la cohésion entre l’Opep et ses allié permettrait à peine de rendre moins étroite la marge de manœuvre qui s'offre encore aux pouvoirs publics pour amorcer une démarche de gouvernance autre que celle  de  croiser les doigts face aux caprices de la conjoncture pétrolière.Un nouveau modèle de croissance s’impose désormais à l’Algérie,  non plus par opportunité ou  simple choix politique, comme  ce  fut  le cas  quelques années en arrière, mais clairement par fatalité absolue et absence de toute autre alternative face au déclin irréversible du modèle pétrolier. En effet, même une fois  le Covid jugulé, le retour  à la normale prendra sans doute du temps, tandis que la marge de manœuvre que représentent encore les 60 milliards de dollars de  réserves  de changes seront  en  bonne partie absorbés pour les besoins de gestion des effets de la pandémie.À plus long terme, la poursuite du déclin de la production pétrolière nationale, le tassement des investissements énergétiques  en Algérie et à l’international et le boom à prévoir, non pas des hydrocarbures de schiste mais des énergies nouvelles, seront autant de mutations, déjà palpables aujourd’hui, et qui dans un proche avenir composeront la nouvelle réalité énergétique mondiale.Aussi,  des réformes  autrement  plus profondes  que  de simples  actes administratifs de limitation des importations, d’aides publiques pour parer au plus pressant ou d’artifices éphémères de monétisation par la planche à billets sont aujourd’hui incontournables pour sauver l’économie. Des réformes aussi  fatidiques que  douloureuses sont ainsi   à concevoir  en  urgence pour  permettre  l’émergence d’un  nouveau  modèle de gouvernance  et  de croissance. Des  ajustements  qui appellent des sacrifices lourds et une solide cohésion sociale, d’où l’impératif pour les pouvoirs publics de consentir d’abord à un effort réel d’apaisement politique envers les forces vives du pays, à commencer surtout par celles nées du Hirak. Enfin, cette contraction des recettes en devise à fatalement mis le budget de l’Etat sous une terrible pression. A l’arrivée, la situation financière de l‘Algérie passe pratiquement au rouge en ce sens que les exportations risquent de ne pas suffire pour couvrir la moitié des importations. Le Fond Monétaire International (FMI) vient d’ailleurs d’annoncer de sombres prévisions financières pour l’Algérie pour l’année 2020. Il prévoit en effet une chute de l’ordre de 5,2% du PIB (produit intérieur brut). En termes simples, l’Algérie va enregistrer environ 9 milliards de dollars de manque à gagner à cause précisément, de l’effondrement des recettes en hydrocarbures.