Le rôle des politiques face aux scientifiques

Depuis des mois, la communauté scientifique internationale ne s’illustre pas par sa cohérence, ni par l’exactitude de ses réponses. La Chine a d’abord nié la possibilité d’une pandémie. L’OMS a attendu fin février, c’est-à-dire des chiffres alarmants, pour déclarer la pandémie. Ensuite on a eu un florilège de promesses non tenues, comme la chloroquine par exemple. Les scientifiques ont nié l’utilité des masques de protection, avant que ces derniers deviennent obligatoires dans tous les pays du monde. 
 
En fait, la seule certitude établie c’est la distanciation sociale, en plus de l’hygiène. Face à ces tergiversations, l’humanité a utilisé le confinement pour non pas éliminer le virus, mais pour freiner sa propagation et permettre aux infrastructures sanitaires de répondre aux urgences. Le confinement n’est pas un remède, c’est une conséquence de l’absence de remède justement.
 
La dernière théorie, celle de l’immunisation est elle aussi tombée à l’eau. La majorité des malades infectés ne développent pas d’anticorps, en tout cas pas suffisamment pour devenir une protection contre le Cov19. Le directeur général de l’OMS, encore lui, a déclaré, pas plus tard qu’il y a quelques jours: « il n’y a aucune preuve de la production d’anticorps ».
 
Quant à la relation avec la chaleur de l’été, elle ne s’appuie que sur l’historique des autres virus de même type, ce qui est loin d’être une garantie scientifique à toute épreuve, face à ce Cov-19 qui déjoue tous les pronostics.
 
La communauté scientifique, au lieu de rassurer, renforce les incertitudes, crée le désarroi, la panique. A l’heure des technologies avancées, on la pensait mieux armée, plus performante, or elle se limite à émettre des hypothèses qu’elle présente comme des vérités et qui sont démenties quelques jours après.
 
Le drame c’est que les politiques dans la majorité des démocraties occidentales ont pratiquement abdiqué face à cette communauté, fortement liée, aux intérêts de puissants laboratoires, par ailleurs. Par peur d’être pris en défaut, accusés de ne pas protéger les populations, les dirigeants de ces pays se plient aux diktats des virologues, et comme ceux-ci changent constamment d’avis, ils leur emboitent le pas et donc zigzaguent eux aussi.
 
Bien sûr que la protection des vies, de  la population est primordiale, mais cette protection ne permet pas d’écarter d’un revers de main les problèmes économiques.
 
L’économie mondiale est à l’arrêt. Les États  sont surendettés, des millions de personnes ont perdu leur emploi et ne sont pas sûres de les retrouver rapidement. Les émeutes pour l’alimentation, l’augmentation des cambriolages dans beaucoup de pays les plus développés font froid dans le dos. Cette crise peut fragiliser les systèmes politiques, y compris les démocraties et amener des troubles sociaux d’importance. 
 
Le rôle des politiques c’est surtout d’éviter ça et non pas annihiler un risque sanitaire qu’ils ne peuvent gérer.