« Le Prince héritier Mohammed ben Salmane : une vision d’avenir pour le Proche-Orient. »

Écrivain et géopolitologue, conseiller expert en ingénierie financière, en investissements stratégiques et en intelligence économique en France , Vice-président de la Commission Afrique du C.E.S.I.C. - Cercle d’Étude de Sécurité Industrielle & Commerciale à Paris 
Citoyen français Descendant d’une vieille lignée de dignitaires musulmans. Dont le nom est Al Khattab Al Ibrahimi Al Cherifi Al Idrissi, , descendant du Prophète (SAWS), ayant combattu et œuvré pour la France. Des membres de sa famille ont appartenu à l’une des cinq unités d’infanterie les plus décorées de la Seconde Guerre mondiale, 
Diplômée de l’Académie des Arts, des Sciences et des Lettres, Chevalier de l’Ordre Lafayette Monde, lauréat du Prix Littéraire Lucien Caroubi, prix pour la Paix et la Tolérance pour son livre Les Chroniques d’un Buveur de Lune – Essai sur le Mal et l’Amour (éd. Albin Michel), décerné par M. Éric de Rothschild, et lauréat du Prix du Livre franco-russe de l’APMC (Action Privée en faveur du Monde Culturel).
Parrain avec les écrivains Marek Halter et Jean-Luc Marion du Projet Saxum à Jérusalem, un Concert pour la Paix est organisé chaque année au Centre Culturel Garnelles en présences de nombreuses personnalités politiques et artistiques. Il est l’auteurs de plusieurs Publications dont 
•          La finance mondiale : tout va exploser (Ed. Léo Scheer, novembre 2008) 
•          La France : une étrange faillite – Vers un 1940 économique (Ed. Alpharès, mai 2014)
•          Les mécanismes de la crise (Ed. Perspectives libres, janvier 2015)
•          Vladimir Poutine – Le nouveau De Gaulle (Ed. Perspectives Libres, novembre 2018)
•          Saïf al-Islam Kadhafi – Un rêve d’avenir pour la Libye (Ed. Erick Bonnier, octobre 2019)



 
 Pourriez-vous également nous donner votre sentiment concernant la crise du Coronavirus que vit actuellement le monde musulman ?
 
Nous venons de voir là encore un indice d’espoir pour le monde musulman. Le Maroc du Roi Mohammed VI a surpris tout le monde en arrivant à la première place des meilleures gestions de la crise du Coronavirus ! Grâce à un dirigisme étatique et une discipline sociale exemplaire, le Royaume chérifien montre, pour ceux qui l’avaient oublié, que c’est un État qui sait se faire respecter. La comparaison avec ce qu’est devenue la France aujourd’hui, ne manque pas d’ironie…
 
 
 Alors justement, quelle est la situation actuelle en France ?
 
 
En France, on assiste à un État à la dérive, ou plutôt à un détournement de l’État. La France va être ruinée économiquement après cette crise, et elle connaît déjà de graves dysfonctionnements internes. Plus de 11 millions de Français ont été au chômage partiel et plus de 500000 Français ont déjà perdu leur emploi. Les Français n’ont plus confiance dans le gouvernement, plus de 600 médecins ont porté plainte le 19 mars 2020 contre le Premier ministre Edouard PHILIPPE, qu’ils accusent de « mensonge d’État » dans sa gestion de la crise du Coronavirus.
 
 
Que pensez-vous de l’actuelle crise des banlieues, et des rapports entre ces jeunes et les policiers ?
 
 
Tout d’abord, j’insiste sur un point : il est important de dire que les Français ne sont pas racistes, et ne l’ont jamais été. En revanche, l’importante immigration encouragée par la Gauche racialiste, pousse une partie de la population des quartiers à mépriser la France depuis des années. Les « faux » gentils de cette Gauche les renvoient au communautarisme en leur refusant l’égalité des droits et des devoirs. Ceci génère un risque que j’estime crédible : la classe politique décadente qui gouverne la France, est en train de désigner les musulmans français comme des boucs émissaires, pour masquer ces manœuvres subversives…alors que le sujet n’est pas l’Islam. D’ailleurs, plusieurs attentats récents ont été considérés comme suspects par des spécialistes de l’antiterrorisme. Aujourd’hui, deux exemples permettent d’illustrer la grande crainte des musulmans de France : en juin 2019, un Commandant des services secrets intérieurs, dans les Ardennes, a été impliqué dans une grave affaire pédophile avec des enfants de parents musulmans au prétexte de la déradicalisation. De l’autre côté, une cellule antiterroriste de la DGSI a été nommée « Al-Lât », du nom d’une déesse pré-islamique, laissant envisager une volonté de considérer l’islam comme l’ennemi intérieur. C’est extrêmement grave et les musulmans de France ont très peur pour leurs enfants et leur sécurité.
 
 
Vont-ils s’unir pour la protection de l’enfance en France ?
 
 
Oui car il y a des gens dangereux qui détournent l’État français, et les Français en sont massivement victimes aujourd’hui. Le vrai sujet n’est pas religieux : il s’agit de mettre en échec de dangereux violeurs d’enfants qui se croient impunis. En France, 58.000 enfants disparaissent chaque année, 165.000 enfants sont violés chaque année, à peine 0,3 % des agressions sexuelles sur mineurs sont condamnées ! C’est ainsi que l’on détruit la substance d’un peuple, et les Français sont bâillonnés lorsqu’ils osent évoquer ce sujet. Parmi ces enfants, il y a aussi des enfants de parents musulmans qui ne se laisseront pas faire car « quiconque sauve la vie d’un seul être humain est considéré comme ayant sauvé la vie de l’humanité tout entière » (Coran, 5 :32) et nous avons déjà averti Mme BELLOUBET, la ministre de la Justice. Le risque est réel ici de créer une guerre artificielleen France contre l’Islam, pour faire oublier les vrais responsables pédocriminels…
 
Qu’est ce que vous voyez sur la scène internationale ? 
 
Ce que j’ai à vous dire aujourd’hui s’inscrit dans le cadre des évolutions récentes qui ont eu lieu au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Afrique du Nord. En effet, depuis la chute de l’URSS, de nombreux troubles ont eu lieu dans le monde musulman. Des pays stables ont été détruits, des guerres interminables ont eu lieu, et l’on a tenté de faire passer le véritable Islam pour une religion terroriste. Or, des changements récents ont eu lieu, spécialement dans deux pays : en Russie et aux États-Unis. Le Président Poutine a en effet réussi à ne pas se tromper d’ennemi, en ne ciblant que le terrorisme. Je suis déjà en relation avec des diplomates russes, et les musulmans russes ont été de grands acteurs de la lutte antiterroriste en Asie centrale, dans le Caucase et en Syrie. J’ai d’excellentes relations avec le Mufti CheikhRavil Gaynutdin et des membres influents de la CEI (Communauté des États indépendants).De l’autre côté, un changement majeur a eu lieu aux États-Unis, à partir de la guerre de Libye. Ce changement a abouti à la victoire du Président Trump en 2016, qui est soutenu par les véritables patriotes américains. Or, ces patriotes veulent mettre un terme aux guerres américaines au Moyen-Orient. Grâce à une coopération entre les patriotes américains et russes, pour contrer les manipulations du Président Obama et d’Hillary Clinton, à présent, c’est tout un cycle de guerre qui touche à son terme. Des guerres qui avaient globalement trois causes : le pétrole, mais également le dollar, et les questions religieuses. C’est un changement qui doit être bien compris par les musulmans d’aujourd’hui, qui à leur tour, ne doivent pas se tromper d’ennemi. 
 
Quels sont les principaux pays touchés par ces changements ?
 
Ces changements ont un sens important pour deux pays spécialement : l’Arabie Saoudite et le Qatar. Ces deux pays ont été entraînés dans les troubles récents du Moyen-Orient. Mais ils n’en ont pas été à l’origine. Il faut considérer un cadre plus vaste : les luttes d’influence se sont déroulées à l’intérieur des pays occidentaux, spécialement aux États-Unis, mais aussi en Grande-Bretagne. D’autres pays comme la Turquie, l’Iran et l’Égypte voient également leur destin suspendu. C’est donc un nouvel équilibre géopolitique qui se dessine au Moyen-Orient.
 
 
Je sais que vous êtes très proche de Saïf al-Islam Kadhafi et que vous l’avez toujours soutenu, et même défendu à la CPI, mais quel est le lien entre votre livre sur la Libye avec le changement actuel au Moyen-Orient ?
 
Sachez que je suis un homme d’honneur, et que je considère Saïf al-Islam Kadhafi comme mon frère.La Libye était une guerre illégitime de trop, surtout après l’assassinat de l’Ambassadeur américain à Benghazi (septembre 2012). C’était au moment des « Printemps arabe », c’est-à-dire de fausses révolutions qui avaient pour but de propager le fanatisme dans les pays musulmans, pour les affaiblir.  C’est à partir de là que des patriotes occidentaux (français, américains et britanniques), ont posé une question cruciale : d’où venait le terrorisme ? Or, la réelle origine du terrorisme ne vient pas des pays musulmans. Il faut plutôt comprendre le terrorisme djihadiste, comme des troupes mercenaires irrégulières qui sont utilisées pour détruire des États stables. Et dans ce cas, l’Histoire apparaît sous un tout autre jour.
 
Vous estimez d’ailleurs que les relations entre la Russie et l’Arabie Saoudite sont excellentes. Pourtant, plusieurs médias rapportent une conversation téléphonique entre Poutine et Mohammed ben Salmane Al Saoud (MBS) le 6 mars 2020, juste avant une réunion de l’Opec. Certains ont pu dire qu’ils se seraient disputés car ils n’auraient pas réussi à s’entendre sur une réduction de la production, malgré la baisse de la demande mondiale suite à la crise de coronavirus.
 
Il n’y a jamais eu de dispute entre eux. L’écrivain Balzac disait : « il y a deux Histoires : l'Histoire officielle, mensongère, qui nous est enseignée et l'Histoire secrète où se trouvent les vraies causes des événements. » Ce sont deux Chefs d’Etat qui ont récemment signé des partenariats stratégiques. Quand Poutine et MBS prennent des décisions, ils pensent d’abord aux intérêts de leur pays et non aux interprétations médiatiques.
 
Beaucoup de choses contradictoires ont été entendues ou écrites en effet depuis 2016. Que pouvez-vous nous dire au sujet des relations actuelles entre Trump et MBS ?
 
L’élection de Trump a été la conséquence d’une fronde interne des forces de sécurité contre l’État profond. Mais le réseau pro Obama et Hillary tentent toujours d’empêcher de bonnes relations entre Trump et MBS. Trump a donc hérité d’une situation difficile, avec deux points de tension stratégique que sont la Syrie et le Yémen, outre la question palestinienne. C’est la nouvelle entente entre Trump et MBS qui va permettre de résoudre tous ces problèmes hérités de l’ère Obama, qui faisait la part belle aux mercenaires djihadistes. Tout ceci est un formidable espoir pour l’Arabie Saoudite, mais il faudrait à présent que la Turquie et le Qatar, comprennent ce retournement géopolitique qui est en cours…
 
 
Pourquoi cette situation constitue-t-elle un espoir pour l’Arabie Saoudite ?
 
Parce que l’Arabie Saoudite est une alliée des États-Unis depuis le pacte du Quincy (1945). La nouvelle alliance entre Trump et MBS, lui a permis d’initier des réformes positives pour son pays.Ce qui compte, c’est que les États-Unis agissent de nouveau comme la première puissance mondiale, c’est-à-dire que l’hégémonie implique la prévention du conflit, et non pas l’alimentation des conflits. L’action de Jared Kushner, gendre et conseiller principal du Président américain a aussi contribué à cet apaisement. La priorité de MBS est de chercher un équilibre entre l’affirmation de la diversité culturelle et les principes universels de la modernité. Cela suppose surtout un changement majeur, encore trop peu compris : une réforme à la fois religieuse et politique en Arabie Saoudite.
 
 
MBS a tourné la page du passé ?
 
MBS, avec cette nouvelle alliance américaine, a compris aujourd’hui que les idéologies intégristes ne seront jamais satisfaites. Et quelles sont même une menace pour la famille royale. C’est donc l’abandon pur et simple de ces idéologiques en train de réaliser l’Arabie Saoudite. MBS tourne la page du passé, et cette décision concerne également les réseaux musulmans en Occident. De cette façon, toute idée de « choc des civilisations » est aussi mise en échec. C’est-à-dire que si l’Histoire est bien comprise, il ne sera plus possible de dresser les musulmans contre les chrétiens pour créer de nouvelles guerres illégitimes. C’est une opportunité historique qui apparaît sous nos yeux. J’espère que d’autres pays rejoindront MBS dans cette voie.
 
 
Justement, on a beaucoup parlé des tensions diplomatiques entre le Qatar, les Émirats et l’Arabie Saoudite. Qu’en est-il aujourd’hui de ce blocus envers le Qatar ?
 
l’une des causes majeures de la rupture des relations diplomatiques entre eux est une rançon d’un milliard de dollars payés à l’Iran par le Qatar, ainsi qu’au Hayat Tahrir al-Cham, groupe lié à Al-Qaïda. Est-ce un moyen détourné de financement du terrorisme ? Une enquête est en cours ? Ce que nous pouvons dire, c’est qu’au Qatar, il y a des luttes d’influence interne mais aussi de l’espoir. Dans un entretien à Paris-Match, Cheikha Moza a fait une très belle déclaration : « Avec l’Arabie Saoudite, nous avons une longue histoire commune. Il y a eu de nombreux mariages entre nous. Nos régions reposent sur des tribus qui ont souvent bougé. À une époque, nous n’avions même pas de frontières. Des membres de nos familles vivent en Arabie Saoudite, à Bahreïn et dans les Émirats. Même s’il nous impose un blocus, ils ne peuvent pas effacer nos gènes. » Je pense que c’est l’ordre naturel de l’Histoire, et ce sont des peuples religieux. En Islam, les familles finissent toujours par se réconcilier car « Allah n’aime pas les transgresseurs ! » (Sourate 2, v.190)
 
 
 Il y a donc un réel risque pour le Qatar ?
 
 
La seule chose que je peux vous dire aujourd’hui, c’est que l’évolution actuelle fait peser sur le Qatar un risque réel de déclassement en tant qu’État. L’annulation de la Coupe du monde de football de 2022 va être un puissant avertissement. Je sais en effet de source sûre que cette coupe du monde échappera au Qatar. Le procureur général de Brooklyn a déjà établi que des dirigeants de la Fédération internationale avaient reçu des pots-de-vin en échange de leur vote. La justice française enquête aussi pour des faits de corruption. En réalité, le véritable motif est politique. Je ne peux pas en dire plus, les initiés comprendront, mais je vous assure que le Qatar n’aura pas cette Coupe du monde…
 
 
Pourquoi vous dites cela ?
 
Le Qatar a des ennemis puissants en Occident, il devrait arrêter ses investissements pour cette Coupe du monde. De toute façon, d’ici quelques mois, le pays qui va le remplacer sera officiellement annoncé.Mais avant tout, ce que j’espère, c’est que le Qatar tire leçon de l’Histoire. Des guerres entre cousins, l’Europe en a connu. L’Occident pose à présent la question du financement du terrorisme, et le Qatar est dans le viseur de la Commission européenne. Les réseaux des Frères musulmans sont particulièrement surveillés, et leur fanatisme séducteur n’a plus d’avenir. L’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis l’ont compris, ils organisent maintenant des Colloques pour la paix et des démarches d’influence intelligentes, pour promouvoir un islam plus en accord avec les paroles saintes du Prophète (SAWS). 
 
 
 Y a-t-il d’autres enjeux ?
 
L’autre enjeu, va se jouer autour du contrôle des instances islamiques mondiales, qui vont devenir le vecteur de cet islam renouvelé dans sa vérité. J’ai abordé cette question avec le Dr. Al-Issa, secrétaire général de la Ligue Islamique mondiale. Je pense qu’il faut également une bien meilleure compréhension des liens historiques de l’islam avec le christianisme. Actuellement, je suis en relation avec l’Église orthodoxe russe et la Prélature de la Sainte Croix et Opus Dei en ce sens, et ces contacts doivent être développés pour permettre ce que le cardinal Nicolas de Cues appelait la « Paix de la foi »… 
 
 
 Que pensez-vous du projet Neom ?
 Neom est une initiative importante. Ce projet remédie à un manque chronique des pays arabes et africains : où a lieu la recherche-développement ? MBS fait le pari des technologies nouvelles de demain. Il donne ainsi un nouveau projet visionnaire et l’opportunité pour le monde arabe, de devenir un nouveau pôle technologique.J’espère également que l’on associera ce projet avec un autre Grand défi de demain : la fertilisation du désert, grâce à des coopérations transnationales. Le monde musulman a besoin de devenir lui aussi un pôle d’espoir. Nous n’existons que par ce que nous créons, par notre travail, pas par ce que nous réclamons à l’État. Cette prise de conscience, d’ailleurs, passe aussi par les femmes…ce n’est pas qu’une affaire d’hommes.
 
 
 Je sais que vous avez en général des informations très fiables qui se vérifient avec le temps… Que pouvez-vous nous dire des rapports entre la France, le Qatar, les Emirats et l’Arabie Saoudite ?
 
Si les choses suivent leur cours, la justice française va bientôt « faire saisir » les biens des Cheikhs MBS, MBZ et Tamim Al Thani, comme ils le font actuellement pour les Présidents africains Denis Sassou-Nguesso(République populaire du Congo), Ali Bongo (Gabon), et Teodorin Obiang, le fils du président de Guinée équatoriale. Et le gouvernement français reste étrangement silencieux !
 
Mais n’est-ce pas là un mépris étonnant des usages diplomatiques ? Ceci ne porterait-il pas atteinte à la confiance dans les relations avec la France ? 
 
La confiance est rompue, et elle risque de l’être pour longtemps. Parce que la Justice française est subitement encouragée à instruire contre les Cheikhs MBS et MBZ depuis 2018. Également contre le Cheikh Tamim al-Thani du Qatar plus récemment.Pourquoi ces Chefs d’Etat sont-ils publiquement humiliés en France, et d'où viennent les O.N.G. qui provoquent cela ? Il y a les apparences, les motifs allégués, et la réalité derrière. Les actuels politiciens français ont oublié que MBS, MBZ et Tamim Al-Thani sont une nouvelle génération de dirigeants qui connaissent très bien les codes occidentaux, et ils n’aiment pas les lâches. Londres, Genève, Rome, Vienne et Bruxelles vont devenir leurs principales destinations en Europe…
 
Dans ce contexte troublé, et après vos livres sur la Libye et sur la Russie, quels sont vos projets futurs ? Je crois savoir que vous écrivez un livre sur MBS en ce moment.
 
Je travaille en effet sur un prochain ouvrage sur la nouvelle Arabie Saoudite de MBS. En Occident, la majorité des personnes ne savent pas qui est MBS, et ignorent ses projets. 10 experts érudits du monde musulman vont m’accompagner pour produire un ouvrage transdisciplinaire et complet. Les deux axes principaux seraient d’une part, les questions religieuses, et d’autre part, les nouvelles coopérations internationales. Il m’apparaît urgent de revenir au vrai sens historique de l’Islam, en répondant définitivement à certains mensonges fréquents. Il est important également de rapprocher le monde musulman du monde chrétien. Je nourris cet espoir et il me semble que le contexte est favorable.
 
 Et vous avez également publié récemment un long article qui a été énormément lu, concernant ce que vous appelez un « nouvel ordre mondial imprévu » qui émerge depuis la victoire de Donald Trump aux États-Unis. Vous y évoquez une importante évolution encore peu comprise du Moyen-Orient…
 
Tout à fait, c’était mon point de conclusion : ce que j’appelle en effet un nouvel ordre mondial « imprévu » émerge sous nos yeux. C’est-à-dire un tournant historique qui se dévoile sous nos yeux, en lieu et place de ce que l’on appelait depuis les années 1990 le « Nouvel Ordre Mondial ». Je développe l’idée dans cet article auquel je renvoie vos lecteurs, car il s’agit d’un nouvel équilibre complexe à cinq : États-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne et Arabie Saoudite. Mais ce qu’il est important de comprendre ici, c’est l’extraordinaire importance de la relation entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite, et la façon dont le Prince héritier Mohammed ben Salmane est en train de faire évoluer l’Arabie Saoudite. Le Président Donald Trump et le Prince héritier Mohammed ben Salmane ont symboliquement refondé une alliance. Cette alliance nécessite un courage énorme des deux côtés, car elle vise à mettre en échec des manœuvres subversives puissantes à la fois aux États-Unis (on le voit en ce moment même) et au Moyen-Orient. Et à cette occasion, l’Arabie Saoudite pourrait retrouver une influence majeure, à la fois au Moyen-Orient mais également dans les pays occidentaux : en retrouvant un rôle moteur pour montrer un nouveau visage de l’islam dans le monde, ce qui mettrait en échec ce que l’on appelait il y a quelques années encore le « Choc des civilisations »… J’invite vivement vos lecteurs à lire cet article qui est disponible en deux langues (français, anglais).