Avant et après la démission : défis et coups de théâtre

Départ de Fakhfakh… La Tunisie fait face à une nouvelle impasse politique

Rebelote… Hichem Mechichi aura un mois pour former son gouvernement 
Le paysage politique tunisien a été à plusieurs reprises chamboulé depuis la révolution du 14 janvier 2011, et 2019 n'a pas fait exception
*Elyes Fakhfakh n’a pas tardé à quitter son poste après moins de cinq mois de mandat, suite à une suspicion de conflit d'intérêts
En tant que berceau du printemps arabe et seule démocratie naissante, la Tunisie a réalisé une victoire prometteuse, mais inachevée contre un ancien régime autoritaire. Les progrès soutenus de la Tunisie depuis la révolution de 2011 en font un partenaire démocratique potentiel dans une région instable. Cependant, une crise économique, une désaffection politique et des difficultés inhérentes à une transition politique et sociale majeure continuent de menacer la stabilité du pays.

Tunisie: un nouveau gouvernement dont l’espérance de vie est la plus courte depuis 2011
Après des mois de négociations, le 26 février 2020, le parlement tunisien vote enfin la confiance à un gouvernement pas comme les autres, avec plus de la moitié des ministres indépendants. A la tête de ce gouvernement, Elyes Fakhfakh, dont le parti n'est pas représenté au parlement. Il s’agit d’ores et déjà du premier gouvernement depuis 2011 qui ne soit pas ‘’d'unité nationale’’.
Le nouveau chef du gouvernement tunisien, âgé de 48 ans, est ingénieur de formation. Il s'agit de son 3emandat après avoir été nommé ministre du Tourisme et ministre des Finances entre 2011 et 2014. Le vote de confiance a coupé court à une période d'ambigüité qui durait depuis l'été 2019. Tout en conservant certains aspects constants de la vie politique tunisienne, plusieurs facettes du nouveau gouvernement marquent un tournant dans la scène politique en Tunisie.
Démarrage difficile…
Pour la première fois depuis la Révolution de 2011, le gouvernement n’est pas ‘’d'unité nationale’’, puisque le nouveau cabinet doit faire face à une opposition parlementaire impliquant le tiers des députés. Si cela semble ordinaire dans les démocraties établies, ce n’est pas la coutume en Tunisie, où chaque gouvernement depuis 2011 a tenté d'obtenir la plus grande majorité parlementaire possible. En même temps, la majorité du gouvernement est sur ses gardes, car le chef du gouvernement n'est pas issu de la majorité parlementaire et sa position repose sur le soutien de nombreux partis pas nécessairement de la même famille politique.
Un autre élément marquant du nouveau gouvernement est la participation de plusieurs indépendants à la tête des ministères régaliens. L’impact de ce nouveau paysage composite sur la capacité du gouvernement à mener des réformes tant attendues reste à définir. Peu de temps après leur entrée en fonction, les ministres ont dû faire face à une crise sanitaire d’envergure provoquée par la nouvelle pandémie du Coronavirus qui a touché tous les secteurs vitaux et qui nécessite toujours des niveaux de coordination, d'efficacité et de transparence jamais expérimentés auparavant en Tunisie.
Quels sont les dessous de cette nouvelle scène politique tunisienne? Comment interpréter la composition du nouveau gouvernement et ses relations avec le président de la République? La crise du Coronavirus a mis à l’épreuve les systèmes de gouvernance établis, qu’a-t-elle révélé? Quel avenir pourrions-nous prédire concernant la capacité du gouvernement à mener les réformes nécessaires? Des questions que l’on s’était posées ces derniers mois…
 
Avec 105 signatures, Ennahdha dépose une motion de retrait de confiance du gouvernement Fakhfakh.
 
 


2019, une année turbulente, mais révélatrice…
Le paysage politique tunisien a été à plusieurs reprises chamboulé depuis la révolution du 14 janvier 2011, et 2019 n'a pas fait exception. Elle a été marquée par la disparition de deux personnalités éminentes: feu le président Béji Caïd Essebsi, décédé alors qu'il était en fonction le 25 juillet, 62eanniversaire de la proclamation de la République, et l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali, décédé en exil le 19 septembre en Arabie Saoudite. Tous deux ont laissé, différemment, leur empreinte dans l’histoire moderne de la Tunisie, et leur mort a clôturé deux pages importantes de l'ère post-révolutionnaire.
Les élections présidentielles et législatives de septembre et octobre 2019 ont certainement marqué un tournant. La Tunisie est bel et bien ancrée sur la voie de la démocratie pour relever le défi de son deuxième scrutin national libre, démocratique et transparent de l'histoire tunisienne moderne. Les deux élections ont débouché sur des résultats plutôt surprenants: l'élection présidentielle a placé Kais Saied au pouvoir. Saied est un professeur de droit constitutionnel qui n'a jamais été membre d'un parti politique et ne s'est jamais présenté à aucune autre élection, à part des débats télévisés avec 26 candidats. Au second tour, son rival était le puissant magnat des médias et président du parti ‘’Au Cœur de la Tunisie’’, Nabil Karoui.
Quant aux législatives, elles ont donné naissance à une Assemblée encore plus divisée, avec la quasi-disparition du parti qui détenait la majorité lors de la précédente législature (Nidaa Tounes, alors dirigée par Béji Caïd Essebsi), confirmant que, malgré sa faiblesse, le Mouvement Ennahdha demeure dominant sur la scène politique. Ces élections ont, également, marqué l'apparition de plusieurs autres forces capables de constituer des blocs parlementaires (comme le Parti Destourien Libre, le Courant démocrate, le Mouvement du Peuple et Al-Karama). Cette mosaïque parlementaire n’est que le reflet du paysage politique tunisien avec ses divergences, ses clivages et ses coalitions.
Si les élections révèlent la maturité de la démocratie tunisienne, les divisions au sein de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) pousse le pays vers l'instabilité, le siège du pouvoir gouvernemental laissé pratiquement vide pendant plus de six mois. Durant cette période, Ennahdha, le vainqueur des élections, selon une procédure prévue par la Constitution, a chargé Habib Jemli de former le gouvernement. Ce dernier a échoué dans sa mission, le 10 janvier, lorsqu'il n'a pas pu obtenir un vote de confiance à l’ARP avec 134 voix contre, 72 pour et 3 abstentions.
Ce fut une course contre la montre pour Saied qui doit, consulter les partis politiques et groupes parlementaires, et choisir la personne la plus apte à former un gouvernement, dans un délai maximum d'un mois. L'enjeu de cette exigence constitutionnelle était de taille, étant donné que la Constitution stipule qu'à la 2etentative avortée, le président de la République a la possibilité de dissoudre le parlement et organiser des élections anticipées.
Kais Saied fait son choix : Elyes Fakhfakh reçoit ‘’le bâton de maréchal’’
Kais Saied, encore inhabitué aux coutumes présidentielles, ne fait pas les choses à moitié ; il appelle tous les partis politiques à présenter des candidats au poste de chef du gouvernement. Les candidatures devraient être soumises par écrit : une nouvelle procédure. Le 18 janvier, Saied reçoit les candidats les plus recommandés au palais. Fin de suspense… Le 20 janvier, le président tunisien choisit Elyes Fakhfakh, proposé par le parti Tahya Tounes, dirigé par le chef du gouvernement sortant, Youssef Chahed.
Un choix inattendu…  Fakhfakh, qui n'appartient à aucun parti politique représenté à l’ARP, s'était opposé à Kais Saied au 1ertour de l’élection présidentielle.

 
:Kais Saied désigne l’actuel ministre de l’Intérieur Hichem Mechichi pour former le nouveau gouvernement.
 

La dynamique ambivalente du nouveau gouvernement
Un rapprochement Saied-Chahed-Fakhfakh
Plusieurs facteurs peuvent expliquer le choix plutôt étonnant du président. D'abord, Kais Saied ne se souciait guère de dissimuler ses liens avec Youssef Chahed, alors chef du gouvernement sortant et avec qui il a collaboré étroitement d'octobre 2019 à février 2020. Les deux hommes se sont rencontrés à plusieurs reprises afin de traiter des questions de première importance auxquelles le pays est confronté. Dans plusieurs déclarations, Chahed a loué Saied et n'a pas hésité à le qualifier de ‘’patriote, [un] honnête [homme] qui veut le bien de son pays’’. ‘’Je suis fier que la Tunisie soit dirigée par lui et non par quelqu'un d'autre’’, a-t-il indiqué.
La période entre la nomination de Fakhfakh et le vote de confiance a été marquée par des négociations politiques laborieuses. Devant les divisions au sein de l'ARP, le candidat au poste de chef du gouvernement a pu ‘’repositionner l’échiquier’’. Les consultations se sont soldées par la réintégration d’Ennahdha et l’exclusion de Qalb Tounes.
Les négociations n’étaient point fondées sur des programmes. Cela n'a cependant pas empêché Fakhfakh de présenter une brève note de son programme gouvernemental à la veille du vote de confiance.
-Réforme de l'État et décentralisation
-Réforme du système éducatif
-Réforme du système de santé
-Réforme de l'agriculture
-Promotion des communications numériques
-Conversion de l'énergie
-Conquérir le marché africain
Ce programme est très proche de celui présenté par son prédécesseur et, une fois de plus, met en lumière la proximité politique des deux hommes et le consentement implicite de Saïed à ce ‘’changement’’. Ennahdha n’a approuvé le programme gouvernemental proposé par Fakhfakh qu'à la dernière minute, menacé de perdre sa position majoritaire à l’ARP en cas de dissolution du parlement.
Saied-Ghannouchi : une relation qui souffle le chaud et le froid
Un rapport dialectique oppose et unit à la fois les deux dirigeants, modifiant la scène politique en tunisien. En tant que président du mouvement Ennahdha, Ghannouchi devait veiller sur les intérêts et l'image politique de son parti. L'échec d'Habib Jemli à former un gouvernement au début de l'année l'avait placé dans une position doublement difficile, en tant que président du mouvement et de l’ARP, car il était incapable de surmonter les divisions et d'assurer le passage d'un gouvernement dont le chef a été désigné par son parti.
Décembre 2019, une guerre froide s’installe entre Saïed et Ghannouchi. Le président de l'ARP tentait d’achever les consultations de Habib Jemli qui avaient déjà duré plus d’un mois. De son côté, Saied, a souligné, à plusieurs reprises, la nécessité urgente de former un gouvernement et a menacé de dissoudre le Parlement si ce gouvernement n’obtient pas le vote de confiance des députés.
Cette double pression s’atténue lorsque le Mouvement Ennahdha vote la confiance au gouvernement proposé le 20 février. Jusqu’ici, Ennahdha avait insisté pour accorder des portefeuilles à Qalb Tounes. Cependant, le parti islamiste a fini par renoncer à cette exigence.
Composition gouvernementale inédite…
Ce nouveau gouvernement ne laisse pas indifférent. Il est le premier, depuis 2011 bien évidemment, à intégrer des ministres indépendants : Thouraya Jeribi en tant que ministre de la Justice, Imed Hazgui à la Défense nationale, Hichem Mechichi au ministère de l’Intérieur et Nourredine Erray au ministère des affaires étrangères… Tous nouveaux sur la scène gouvernementale.
En ce qui concerne la répartition partisane, Ennahdha, le grand gagnant avec sept ministres (21,87%), puis le parti Tayyar avec trois (9,37%) et Echaâb ( Mouvement du Peuple ) et Tahya Tounes avec deux ministères pour chacun (6,25%). Les 18 ministres indépendants représentaient environ 56% du cabinet.
Les analystes avaient des soupçons quant à la capacité du nouveau gouvernement à recueillir les 109 voix requises pour obtenir une majorité, et ils ont même prédit un gouvernement minoritaire. Enfin, le 20 février, après une réunion parlementaire de sept heures, le gouvernement finit par obtenir 129 voix pour, 77 contre et une abstention. Les votes sont issus de cinq des huit blocs parlementaires et de quelques indépendants.
Par ailleurs, sur 32 portefeuilles ministériels, seuls six étaient alloués aux femmes (18,75%) ; un faible taux par rapport aux gouvernements précédents. Toutefois, nous devons reconnaître l'importance de la nomination de Thouraya Jeribi, la première femme à diriger le ministère de la Justice en Tunisie.
Ainsi, la diversité des profils de ce nouveau gouvernement mérite d’être soulignée: un tiers des ministres seulement ont déjà exercé des fonctions gouvernementales. Il s’agit d’un élément inédit qui insuffle au gouvernement du ‘’sang neuf’’.
Des défis persistants dans un contexte de crise sanitaire sans précédent
Maints obstacles au sein de l’APR soulèvent le spectre d'un blocage législatif systémique. La législation traitant, par exemple, des droits et libertés fondamentaux ou l'équilibre des pouvoirs, exige une majorité absolue, mais avec les absences, les échanges violents et conflits entre les députés, les approbations sont souvent retardées. Par ailleurs, l'architecture institutionnelle conçue par la nouvelle Constitution n'est pas encore pleinement en place. L'ARP, le président de la République et le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) ont donc la lourde tâche d'élire, chacun, quatre membres de la Cour constitutionnelle.
Cette équipe a repris les rênes du gouvernement et doit relever d'importants défis économiques, sociaux, environnementaux et politiques. Le contexte se complique très vite avec une attaque kamikaze dans un quartier proche de l'ambassade américaine à Tunis, le 6 mars 2020. Cela dit, plus que toute autre chose, c'est l'épidémie du Coronavirus qui constitue le plus grand défi au gouvernement naissant. Le premier cas d'une personne testée positive en Tunisie a été enregistré le 2 mars 2020.
En ce qui est du volet politique, l’ARP a opté pour le travail à distance durant plus de deux mois, mais semble plus que jamais divisé. Les appels des partis d'opposition à retirer la confiance au président de l’ARP, Rached Ghannouchi, ont fortement affaibli la coalition gouvernementale.
Cependant, sur le plan sanitaire, la communication fut irréprochable entre le président récemment élu et la nouvelle équipe gouvernementale, dans la gestion de la crise. Le 17 mars 2020, le président de la République décrète un couvre-feu national, sur la base de ses pouvoirs exceptionnels au titre de l'article 80 de la Constitution. Le lendemain, le chef du gouvernement assure le suivi du développement des mesures sanitaires, sécuritaires et économiques et ce, en vertu de l'article 70 de la Constitution.
Dans toutes leurs apparitions médiatiques, les deux dirigeants veillent à coordonner leurs discours et leurs interventions. Dans l’interview télévisée du 12 mai 2020, interrogé sur ses relations avec le président de la République, Fakhfakh a répondu qu'ils ‘’partagent les mêmes valeurs, le même projet pour la Tunisie, le même engagement social et la même volonté, sans être lié à n'importe quel lobby’’. ‘’Le président est arrivé au pouvoir grâce à la confiance du peuple et je suis arrivé au pouvoir par sa confiance en moi. Je le dois [mon succès] à lui et à plus de 120 députés dans six blocs parlementaires différents’’, a-t-il révélé.
Ainsi, les réunions en commissions et en plénières ont été interrompues, réduisant le rythme des activités parlementaires grâce au travail à distance. Cela a limité la pression politique sur le gouvernement. Le 5 avril 2020, l’ARP a délégué une partie de ses pouvoirs au chef du gouvernement. Cette délégation d’une durée d’un mois ne concernait que les domaines liés à la lutte contre la pandémie, autorisant Fakhfakh à gouverner par décrets.
Fakhfakh reste confiant quant à la capacité de son cabinet à relever le défi engendré par la crise sanitaire, et à entretenir des relations stratégiques avec le président de la République et le président de l'ARP pour garantir les intérêts de tous les secteurs de la société tunisienne.
Mais contrairement aux prévisions, Elyes Fakhfakh n’a pas tardé à quitter son poste après moins de cinq mois de mandat, suite à une suspicion de conflit d'intérêts.
 
02 janvier 2020, au Palais de Carthage, Kais Saied remet à Rached Ghannouchi, le message contenant la liste des membres du nouveau gouvernement proposés au vote de confiance du parlement.
 


Fakhfakh, au cœur d’une polémique de conflit d’intérêts…
Tout a commencé lors d’une interview diffusée sur la chaîne privée Attessia, le 15 juin 2020. Elyes Fakhfakh reconnaît être actionnaire d’entreprises sous contrat avec l’État. Quelques mots ont suffi pour déclencher la tempête. La nouvelle polémique a suscité la colère dans les rangs de l’opposition, mais aussi chez une partie de la coalition au pouvoir, qui menace de se retirer du gouvernement.
L’entreprise en question, Valis, est chargée de “valoriser les déchets”. Deux tiers de ses actions sont détenus par le chef du gouvernement. Les choses ont vite évolué et de multiples enquêtes sur l’affaire sont en cours.
Accélération des événements : Une motion de retrait de confiance 
Une motion de retrait de confiance au chef du gouvernement Elyes Fakhfakh a été déposée, le 15 juillet, au Bureau du Parlement. 105 élus ont signé la pétition. Ces députés sont issus du mouvement Ennahdha, “Au Cœur de la Tunisie”, “Coalition al-Karama”, le bloc “al-Mostaqbal”, outre les indépendants.
Fakhfakh anticipe la motion et démissionne…
Contre toute attente, le chef du gouvernement tunisien décide de démissionner, mercredi 15 juillet. ‘’Pour éviter les conflits entre les institutions du pays, le chef du gouvernement Elyes Fakhfakh a présenté sa démission au président Kais Saied, afin de lui ouvrir une nouvelle voie pour sortir de cette crise’’, a déclaré le bureau de Fakhfakh dans un communiqué.
Fakhfakh a déclaré qu'il continuerait à gérer les affaires courantes jusqu'à ce qu'un successeur soit désigné. 
Avant de partir, un coup de théâtre…
Sous le feu de l'hémicycle, le chef du gouvernement démissionnaire, Elyes Fakhfakh, limoge tous les ministres d’Ennahdha. Il s’agit de Mohamed Anouar Maarouf, ministre d’Etat, du Transport et de la logistique, Abdellatif Mekki, ministre de la Santé, Lotfi Zitoun, ministre des Affaires locales, Moncef Sliti, ministre de l’Equipement, Slim Choura, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Ahmed Gaâloul, ministre des Affaires de la jeunesse et des sports.
Fakhfakh multiplie les limogeages. Vendredi, 24 juillet, il décide de démettre Noureddine Erray de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères et charger Salma Ennaifer d’assurer l’intérim à la tête du département.
Il convient de noter que la motion de retrait de confiance à Fakhfakh a été rejetée sur le fond, étant donné qu’elle n’est plus d’actualité après la démission de ce dernier.
La démission de Fakhfakh risque de créer une nouvelle impasse politique en Tunisie, déjà aux prises avec les retombées économiques de la nouvelle pandémie.
Le chef de l’Etat tunisien, Kais Saied, a désigné, samedi 25 juillet 2020, l’actuel ministre de l’Intérieur Hichem Mechichi comme nouveau chef du gouvernement. Mechichi n’a été proposé par aucun parti politique.
Rebelote… Hichem Mechichi aura un mois pour former son gouvernement !
Le compte à rebours est lancé !
 
 
Ghannouchi échappe de justesse à la destitution….
Accusé de ‘’mauvaise gestion’’ de l’institution législative et d’avoir ‘’commis plusieurs dépassements’’, le président de l’ARP, Rached Ghannouchi, se perd dans un labyrinthe.
Plusieurs députés ont décidé de le destituer. Toutefois, la motion de retrait de confiance au président du parlement tunisien a été rejetée, car elle n’a pas atteint la majorité requise de 109 voix.
Le président de la séance, Tarek Fetiti, a fait savoir, à l’issue de l’opération de décompte des voix, que 133 parlementaires ont participé au scrutin dont 97 ont voté en faveur de la destitution de Ghannouchi.
Le reste des voix se présente comme suit: 16 contre, 18 bulletins nuls et 2 bulletins blancs. Les élus d’Ennahdha et de la coalition Al Karama se sont abstenus de voter.
Les 97 votes en faveur de la motion de censure illustrent l'ampleur de l'opposition à laquelle Ghannouchi fait face et les doutes croissants sur sa capacité à poursuivre son mandat jusqu'aux prochaines élections législatives prévues en 2024.